Bouche-fumier - Hortense Raynal

Pourquoi la CCAS vous propose cette rencontre culturelle ?

D’après Hortense Raynal, la poésie est une matière : une matière terreuse, sale, puante, organique, une poésie-fumier, qui évolue en poésie-compost, pour nourrir, en fin de cycle, une langue poétique renouvelée et fertile. Et nous voilà transporté dans la serre de la poétesse, « des sauterelles dans les cheveux, les mains dans le terreau ». Débordant d’imagination !

L'événement

Ce livre s’inscrit dans une poésie très incarnée, qui refuse l’élégance abstraite pour travailler une langue charnelle, terreuse, traversée par le vivant et par les résidus du monde. Le titre dit déjà beaucoup : il associe la bouche, lieu de la parole, au fumier, matière décomposée, fertile et sale. Tout le recueil joue de cette tension entre la parole et la matière, entre le langage et le sol, entre ce qui se dit et ce qui se transforme. Ecrire revient à descendre dans la matière du réel, à ne pas fuir ce qui déborde, blesse ou se décompose, mais à en faire une force de création. Le livre prend ainsi la forme d’une exploration de l’acte poétique lui-même. La poésie n’y est pas un ornement, mais un travail, presque un labeur physique : creuser, malaxer, retourner, composter. Cette approche donne au texte une énergie orale, directe, parfois rugueuse, qui cherche moins à lisser le monde qu’à en faire entendre les reliefs et les résistances. Nous voilà en présence d’une poésie de la transformation - partir du bas, du brut et du sombre, pour faire naître une langue vive, fertile et fortement sensorielle : ce qui nous offre une véritable expérience.

Présentation de l'artiste
Hortense Raynal

Hortense Raynal Née en 1992, Hortense Raynal est une poétesse et performeuse. Après Ruralité (2021), et Nous sommes des marécages (2023), elle publie Bouche-Fumier (2024) continuant de privilégier « le bizarre à la norme syntaxique » (Libération).

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